Il y a décidément des livres dont on se demande pourquoi ils ont été choisis pour être édités. Sans médisance mais avec certitude, ce livre est de ceux-là. Sans personnalité dans l’écriture, le choix des mots ou la rythmique des phrases, Catherine Guillebaud nous suggère le récit d’une femme, hantée par la mort de sa sœur et qui se refuse à aimer, tant les fantômes de son sentiment flou de culpabilité hante ses nuits blanches. Et puis c’est la rencontre, celle qui change tout. Enfin, qui aurait pu tout changer si le futur avec cet homme et le passé ne s’entrechoquaient pas si cruellement. Un récit d’une originalité toute discutable avec une trame prévisible où l’on aperçoit l’espoir d’un changement se profiler à l’horizon, puis voler en éclats, de façon précipitée, dans les dernières pages. Non, vraiment, il n’y avait pas de quoi en faire… un livre. Par ailleurs, il aurait pu faire un très bon téléfilm, le découpage étant maîtrisé avec une aisance incontestable et l’ambiance nocturne jazzy étant retranscrite avec un réalisme très approprié pour le genre.
Anne-Sylvie Sprenger, 19 décembre 2004
De Catherine Guillebaud
Ed. du Seuil