A la Grange de dorigny. Jusqu'au 15 janvier
Etre de la noce ou ne pas en être, résonne, dans cette pièce du Français Jean-Luc Lagarce, comme un enjeu crucial, le paradigme ultime de son assise sociale. Invités ou introduits par ruse, cinq personnages hautement typés se retrouvent en bout de table, à «des heures de marche» des mariés et des vraies festivités. Car ici, le temps se dilue, l’espace s’étire indéfinement, à mesure que les laissés-pour-compte surinvestissent la cérémonie. Et la noce de basculer, avec une démesure jouissive, dans une marche contestataire à l’assaut des victuailles, «nouvelles du front» et des «armées d’occupation» à l’appui. Orchestrée finement par Jo Boegli, cette peinture surréaliste a le goût de la décadence impitoyable, et rappelle immanquablement un certain Fantôme de la liberté du maître Bunuel.
Anne-Sylvie Sprenger, paru dans L'Hebdo du 12 janvier 2006
Lausanne. Grange de Dorigny
De Jean-Luc Lagarce
Mise en scène: Jo Boegli
Avec Claudine Berthet, Hubert Cudré, Anne-Shlomit Deonna, Charlotte Reymondin et Frank Semelet